Alternatives à l’importation de protéines végétales OGM : le gouvernement ne respecte pas le parlement

C’était une toute petite victoire : lors du débat sur la loi sur les OGM, nous avions réussi à faire adopté un amendement, l’amendement n°340, qui est ainsi devenu l’article 1er de la loi du 25 juin 2008, qui stipulait « Six mois après la publication de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport relatif aux possibilités de développement d’un plan de relance de la production de protéines végétales alternatif aux cultures d’organismes génétiquement modifiés afin de garantir l’indépendance alimentaire de la France. »

On sait que ce sujet de la production de protéines végétales est tout à fait stratégique. A la suite de l’accord de Blair House, notre pays importe chaque année 5 millions de tonnes de tourteaux de soja, dont la grande majorité – 4,5 millions de tonnes – sont issus de soja transgénique. Il en va de même dans l’ensemble de l’Europe, puisque 80 % du soja importé pour l’alimentation du bétail est transgénique.

C’est pourquoi la volonté des Parlementaires était de faire bouger les choses et, en particulier, de s’efforcer de développer, dans notre pays et dans le reste de l’Europe, la production de protéines végétales. Cela répondrait à l’attente des agriculteurs et des éleveurs, qui veulent ne plus être dépendants du soja extérieur, mais aussi à l’attente des consommateurs.

Hélas, ce sujet ne semble guère préoccuper le gouvernement. Alors que ce fameux rapport devait être remis au parlement dans les six mois, 23 mois après la promulgation de la loi il n’est toujours pas rendu… Le sujet serait-il trop explosif ?

Interrogé par une question écrite, Jean-Louis Borloo a répondu le 20 avril dernier en renvoyant la patate chaude à son collègue Ministre de l’Agriculture… que j’ai interpellé de nouveau.

La réponse de JL Borloo

Nouvelle question à Bruno Le Maire

Un commentaire pour Alternatives à l’importation de protéines végétales OGM : le gouvernement ne respecte pas le parlement

  • T. Fouquereau

    Bonjour,
    Je me permets d’ajouter quelques petites choses au niveau des protéines végétales. Elles servent surtout à donner de l’énergie a des animaux sédentarisés?
    Il est important de savoir que les végétaux produisant le plus de ces protéines sont les légumineuses: soja, féverole, pois. Mais, que des protéines se trouvent dans à peu près tous les végétaux cultivés. Or, ces légumineuses ont toutes un défaut majeur: elle contiennent des alcaloïdes. Si, on ne souhaite pas voir nos poulets, bondir d’ivresse, les légumineuses ne doivent pas excédés 20% des rations, 15% pour être bien certain de ne pas ennivrer nos animaux. Mais comme il y a des protéines dans les autres végétaux, on peut descendre jusqu’à 10%. C’est peu, mais, vu nos systèmes de production, cela représente plusieurss millions de tonnes.
    Par contre les légumineuses disposent d’un avantage considérable, elles n’ont pas besoin d’azote, car elles le pompent dans l’atmosphère et en conservent une partie dans des nodules répartis sur les racines, directement assimilables par les plantes de la culture suivante. C’est magique, sauf qu’un dernier souci empêche une culture aisée: les mauvaises herbes. Car, que ce soit pour le soja, ou les pois leur croissance est lente et leur taille faible. De plus, le soja, plus que les pois n’étant pas autochtones demande beaucoup d’eau et d’attention. Mais, la nature a proposé à l’Europe la légumineuse qui sursoit à tous ces défauts. Il s’agit de la féverole. On sème, on regarde pousser, éventuellement on arrose une fois en juin lorsque les grains grossissent et on récolte moins que le soja et plus que les pois. Mais le coup de production est très faible.
    Alors oui pour un plan « protéînes végétales ».
    Oui pour un plan « légumineuse ».
    Et, surtout oui, pour un plan « féveroles ».
    Cela pousserait l’INRA a investir un peu plus sur l’obtention de féverole plus productives. Pour le moment, nous récoltons un peu moins de 30 qtx/ha, avec un peu plus de recherche publique, je pense qu’on pourrait arriver à 40, à peu près la production du soja. Plutôt que d’investir afin de faire que le soja « s’européanise », il serait plus judicieux de faire progresser notre propre offre.
    Cordialement

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