L’appel des 100
Situation paradoxale : alors que l’UMP veut interdire aux députés représentants du peuple d’enquêter sur les sondages de l’Elysée, ce sont les tribunaux qui seraient bientôt invités à se pencher sur ladite affaire !
En effet, plusieurs journaux qui avaient évoqué dans leurs colonnes l’affaire des sondages de l’Elysée sont visés par des procédures engagées par Monsieur Patrick Buisson, qui dirige le cabinet Publifact et conseille Nicolas Sarkozy.
Pour mémoire, à en croire le rapport de la Cour des Comptes sur les dépenses de l’Elysée, Monsieur Buisson joue un rôle central dans les commandes de sondages élyséennes. Les remarques de la Cour des Comptes portaient notamment sur la convention passée entre l’Elysée et le cabinet Publifact en juin 2007 (pour un coût de près de 1,5 million et ce sans respecter les règles des marchés publics) d’une part, et d’autre part sur le rôle d’intermédiaire que jouait le cabinet Publifact de Monsieur Buisson en facturant à l’Elysée pour 392 288 euros de sondages Opinion Way, dont les résultats étaient par ailleurs publiés par Le Figaro et LCI…
Après la publication de plusieurs articles revenant sur ces éléments, Monsieur Buisson a donc saisi les tribunaux, notamment à l’encontre de l’hebdomadaire Marianne et du quotidien Libération.
Ces procédures visent aussi le chercheur Alain Garrigou, agrégé d’histoire et de sciences politiques, professeur à l’université de Paris X, qui s’était exprimé dans les colonnes de Libé comme spécialiste des sondages et n’avait pas dit tout le bien qu’il pensait des pratiques en vigueur à l’Elysée.
« La plainte pour diffamation publique, déposée par M. Patrick Buisson contre Alain Garrigou, a pour fonction d’intimider. » denoncent aujourd’hui des personnalités du monde universitaire dans un appel intitulé « Tu critiques ? Gare au procès ! Appel au soutien d’Alain Garrigou, professeur de sciences politiques »
Cliquez sur le lien pour lire le texte d’appel et la liste des signataires en ligne sur le site de la fondation Copernic.
Vous avez bien raison, chère Delphine Batho, de souligner ce paradoxe.
Bravo pour les efforts que vous déployez pour faire la lumière sur ces pratiques, continuez !
Bonjour Madame,
Depuis longtemps, je désirais vous féliciter pour avoir pris l’initiative de l’enquête sur les sondages de l’Elysée.
Bon travail et cordiales salutations