Le courage des femmes de la SCOP Chizé Confection

chizéconfectionElles sont une petite dizaine de femmes, ouvrières de la confection depuis des années et désormais sociétaires et donc propriétaires du capital de leur propre entreprise, la SCOP Chizé Confection.

Elles font partie des 32 salariées licenciées de l’ex-SOCOFA, entreprise de confection à façon située à Chizé, qui a été liquidée en juillet dernier après deux années de très mauvaise gestion.

Hier avait lieu l’inauguration de cette nouvelle SCOP, où 8 emplois viennent d’être créés dont 3 en CDI, en présence de Ségolène Royal et des élus du canton de Brioux.

C’est l’aboutissement d’un combat. Dès le mois de juillet, des salariées licenciées ne se sont pas résignées au chômage. Elles ont contacté les clients de l’entreprise (de grandes marques de haute couture) pour savoir s’ils étaient prêts à leur donner une chance, à leur confier des marchés, dans l’hypothèse où elles présentaient un projet de reprise de l’activité en SCOP. Leurs savoir-faire, un travail de couture de grande précision et de qualité « made in France », est particulièrement recherché.

Les clients ont dit « on vous suit ». Alors elles ont monté leur projet, avec l’aide de la Région et de l’Union Régionale des SCOP. Elles ont obtenu la bourse régionale « désir d’entreprendre » pour constituer leur apport en capital. Mais lorsque j’ai reçu ces femmes courageuses à ma permanence de députée le 26 novembre dernier, il restait encore des petits problèmes à régler : il fallait obtenir l’autorisation de l’administrateur judiciaire pour utiliser les machines tout de suite, trouver les fonds pour racheter le matériel et pouvoir démarrer très vite la production afin d’honorer les marchés obtenus. La Région a alors débloqué une aide à l’investissement pour permettre à la SCOP d’acquérir son outil de travail.

Désormais la production est lancée et hier la SCOP Chizé Confection a obtenu de nouveaux marchés. On espère vite embaucher d’autres salariées licenciées de l’ex-Socofa. Cet exemple prouve qu’investir un peu d’argent public pour soutenir une entreprise de l’économie sociale et solidaire, avec des créations d’emplois à la clé, coûte moins cher que le chômage et les indemnités de licenciement. Et surtout les SCOP sont un modèle alternatif à développer pour sortir de la crise.

6 commentaires pour Le courage des femmes de la SCOP Chizé Confection

  • socofa

    Bonjour,
    Je suis une ancienne salariée de Socofa, licenciée en Juillet dernier. Il y a une phrase que je n’apprécie pas : « …après 2 années de très mauvaise gestion… », comment peut on certifier cela??? Je trouve inadmissible que les anciennes employées osent dire une chose une chose pareil quand on sait que les clients tiraient les prix au plus bas et qu il fallait verser 32 salaires avec une production réduite de plus de la moitié ( car les clients faisaient fabriquer à l’étranger). Comment cette entreprise pouvait survivre??? Ou alors il aurait fallu supprimer les plus anciens salairiés ( plus gros salaires). Aurait ce été la meilleure solution?? Je pense que même avec une bonne gestion l’entreprise était vouée à l’échec.
    Une pensée pour celles qui restent sur le carreau…
    Cordialement.

  • chize

    Bonjour, Madame.

    J’ai suivi un peu l’évolution de la société. Le terme de très mauvaise gestion est très très faible, je trouve ! Qui s’occupait de la gestion ?
    Les salaires n’étaient pas si élevés que ça. Sauf peut-être la gérante ? Je sais pas.
    Quand à une pensée pour celles qui restent sur le carreau, oui. Mais, elles auraient pu reprendre avec les autres !

    Passez une bonne année 2010.

    Cordialement.

  • admin

    Merci de votre remarque et de ce complément d’information sur le bilan passé de la Socofa. J’espère comme vous que celles qui n’ont pas encore retrouver un emploi trouveront vite du travail.

  • admin

    Il y a donc visiblement débat sur les responsabilités passées.L’important désormais est de se tourner vers l’avenir de l’entreprise. Je ne crois pas qu’il faille faire de reproches aux ex-salariées, car l’activité ne permet pas encore d’embaucher toutes celles qui le souhaiteraient. Mais j’espère que les commandes permettront petit à petit de créer plus d’emplois.

  • socofa

    Bonjour « Chizé »,

    « Qui s’occupait de la gestion? » rep: le conseil d’administration comme toutes les scop et comptable, expert comptable, commissaire aux comptes.
    Vous avez l’ air d etre bien au courant des salaires ce qui n est pas mon cas, mais je doute qu une gérante puisse se prendre un gros salaire dans une SCOP..
    Dans ce cas le problème serait survenu avant.Je pense quand même que les cadres et agents de maitrise gagnaient plus qu une simple ouvrière. Pour celles qui restent sur le carreau, pr ma part (comme plusieurs autres) on ne m a pas tenue informé de la reprise de l’entreprise

  • chizé

    j’aimerais répondre à la personne qui à laisser le dernier commmentaire.
    vous m’avez l’air d’etre au courant de beaucoup choses concernant le passé de l’ancienne entreprise,seriez-vous la personne responsable de ce désastre?
    vous savez très bien ce qui c’est passer, alors à votre place je ne serais
    pas tranquille pour les mois à venir.

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