Anguille : cibler les vraies menaces et non les pêcheurs amateurs

En mars 2008, j’avais interpellé le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, la Secrétaire d’état à l’écologie ainsi que le Préfet des Deux-Sèvres au sujet des dispositions règlementaires en cours d’élaboration dans le cadre de l’application du règlement européen n° 1100/2007 instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes qui prévoyaient l’interdiction de la pêche de l’anguille au moyen de bosselle et lignes de fond. Je demandais au gouvernement de ne pas remettre en cause la pratique de la pêche amateur de l’anguille aux engins et à la vermée, pratiques ancestrales et identitaires du Marais Poitevin, et j’avançais quatre contre-propositions visant les principaux facteurs de pression exercés sur les populations d’anguilles :

1. Lutter efficacement contre le braconnage des civelles dans la baie de l’Aiguillon. Alors que les contrevenants agissent au vu et au su de tous, l’Etat doit exercer effectivement ses pouvoirs de police.

2. Améliorer la qualité de l’eau sur le bassin versant du Marais en diminuant les rejets polluants car de nombreuses études montrent que les anguilles sont très sensibles à des taux faibles de pesticides et de métaux lourds.

3. Accélérer la mise en place de « passes à civelles » pour le franchissement des 30 ouvrages qui ne sont pas encore équipés et les protéger contre le braconnage.

4. Lutter contre la dégradation de l’habitat en protégeant la zone humide de l’assèchement et en restaurant les réseaux hydrauliques.

Malheureusement ces propositions n’ont pas été prises en compte. Depuis le 1 octobre 2009, toutes les pêches amateurs à l’anguille sont interdites dans les eaux de deuxième catégorie. Cette décision est incompréhensible, car la pratique amateur de la pêche de l’anguille est une tradition inscrite dans l’histoire du Marais Poitevin qui n’est pas contraire à la protection de l’espèce. L’interdiction de la pêche amateur de l’anguille ne représente qu’un intérêt environnemental limité en comparaison des tonnes de civelles pêchées dans la baie de l’Aiguillon. Je demande à nouveau qu’on s’en prenne aux vraies cauanguillesses et non aux pêcheurs amateurs.

Pour en savoir plus sur l’Anguille http://www.parc-marais-poitevin.fr/reconnaitre/faune/peau/anguille.html

Un commentaire pour Anguille : cibler les vraies menaces et non les pêcheurs amateurs

  • Cardinaud yoann

    la pêche à l’anguille est une tradition maraichine de longue date. Effectivement ce poisson qui jadis faisait la richesse de cette région se trouve aujourd’hui menacé. Mais avant de prendre des mesures pour la protection de l’anguille en interdisant sa pêche, il convient de savoir quelles sont les facteurs de sa disparition. Certes le braconnage de la civelle en est une des principales causes, mais la pêche professionnelle de ces larves est toujours autorisée, hors c’est belle est bien elle qui participe directement à la disparition de ce poisson.
    Afin de protéger l’anguille, toutes les pêches à la civelle doivent être strictement interdites, de l’amateur au professionnel. Les intérêts économiques d’un minorité ne doivent pas pâtir sur le patrimoine de toute une région à savoir la pêche de l’anguille adulte.
    Prenons de vrais mesures avant qu’il ne soit trop tard, la survie de ce poisson en dépend.

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