OGM : le gouvernement tourne le dos au Grenelle de l’environnement
Dans le sud Deux-Sèvres, 65,39 hectares de maïs OGM MON 810 ont été cultivés cet été. Ces mises en culture ont notamment illustré les graves carences de la législation pour garantir la protection de l’agriculture conventionnelle et de l’environnement alors que les risques de dissémination des OGM sont scientifiquement prouvés.
C’est pourquoi les élus locaux, les agricultures et les associations de protection de l’environnement avaient placé d’important espoirs dans les décisions annoncées par le Gouvernement lors du Grenelle de l’environnement le 25 octobre. Nicolas Sarkozy, exprimant ses « doutes » sur « l’intérêt sanitaire et environnemental des OGM », annonçait alors la suspension des cultures commerciales d’OGM et promettait « le respect du principe de précaution ».
Le projet de loi sur les OGM présenté ce matin en Conseil des ministres tourne le dos à ces engagements. S’il propose de maigres progrès en matière de transparence de la localisation des cultures et de responsabilisation juridique et financière des exploitants utilisant des OGM, il autorise les cultures en plein champ et n’organise aucune protection, ni de l’environnement, ni de l’agriculture conventionnelle, ni même des labels de qualité essentiels à l’économie locale. Ainsi, c’est un simple arrêté du Ministre de l’agriculture qui fixera les distances destinées à prévenir les risques de dissémination.
Delphine Batho partage la déception des ONG qui ont participé au Grenelle de l’environnement et demande instamment au gouvernement de tenir parole et de revoir sa copie, sans attendre le débat au Parlement.
La loi doit garantir aux Français le droit effectif à un environnement et une alimentation sans OGM. C’est pourquoi la Députée a signé l’appel « pour la liberté et le droit de produire et consommer sans OGM » (www.stop-ogm.org) appelle toutes celles et ceux qui sont attachés à la qualité de l’agriculture et de l’environnement du Sud Deux-Sèvres à relayer également cette exigence auprès du gouvernement.